Maladies lysosomales responsables d'AFNI
- Pr Didier Lacombe
- 22 sept. 2021
- 2 min de lecture
Cet article fait la synthèse d’une revue exhaustive de la littérature entre 1979 et août 2020 des cas de maladies lysosomales parmi les séries d’anasarque fœtale non-immune (AFNI) diagnostiqués in utero ou dans la période néonatale, incluant des recherches dans PubMed, Ovid et clinicaltrials.gov.

Une AFNI est définie par une anasarque non liée à l’allo-immunisation, ce qui représente maintenant plus de 90% des cas d’AFNI. Le mécanisme par lequel une maladie lysosomale cause une ANI n’est pas totalement établi, mais cela pourrait être secondaire à une obstruction veineuse, due à l’hépatosplénomégalie, l’insuffisance cardiaque, l’anémie ou l’hypoprotéinémie.
Au total, 22 séries de cas ont pu être identifiées et consultées. L’incidence globale des maladies lysosomales était de :
6,6% (177/2663) dans les cas d’AFNI,
8,2% (177/2151) dans les cas idiopathiques d’AFNI.
Les maladies lysosomales les plus fréquemment identifiées étaient
la mucopolysaccharidose de type VII (23,4%, 45/192),
la galactosialidose (13,5%, 26/192),
la forme infantile de la maladie de surcharge en acide sialique libre (13%, 25/192),
la maladie de Gaucher (12%, 23/192),
la gangliosidose à GM1 (11,5%, 22/192),
la sialidose de type 2 (congénitale) (10,4%, 20/192).
Au total, 12 maladies lysosomales différentes furent identifiées dans cette revue de la littérature et la moitié de ces pathologies (6/12) bénéficient d’un traitement.
En fait, 14 maladies lysosomales peuvent être associées à l’AFNI :
les 6 maladies déjà citées,
les mucopolysaccharidoses de type I et IVA,
les maladies de Niemann-Pick (A/B ou C),
les mucolipidoses (II/III),
la maladie de Wolman,
le déficit multiple en sulfatases,
la maladie de Farber.
En raison de l’implication des maladies du lysosome dans 8% des AFNI, il est recommandé une recherche systématique de maladie lysosomale après bilan initial classique négatif de recherche causale préconisé par la société de Médecine Fœtale dans le cadre d’une AFNI.
Cette recherche peut s’envisager par dosages enzymatiques ou panel de gènes de maladies lysosomales impliquées dans les AFNI. Des recherches ultérieures, à visée de corrélation phénotype-génotype, seront intéressantes pour savoir si certains variants alléliques sont d’avantage impliqués dans des AFNI.
Cette revue est la plus large et la plus systématique à ce jour sur ce sujet.
Pr. Didier Lacombe
Neel S.Iyer, Alexis C.Gimovsky, Carlos R.Ferreira, ElizabethCritchlow, Huda B.Al‐Kouatly Clinical Genetics 2021; AOP: 10.1111/cge.14005
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